[Blog] Comment embrasser un système qui, à long terme, tuera nos enfants ?

[Blog] Comment embrasser un système qui, à long terme, tuera nos enfants ?

Il y a beaucoup de mots dans la langue française. Dans le dictionnaire qu’on m’a acheté au collège avant l’ADSL, on en compte 20 000.

Pourtant, depuis mon enfance, j’ai l’impression qu’on me parle de mon pays avec seulement sept mots :

PIB, dette, chômage, consommation, croissant, décroissant, stable.

J’ai toujours été heureux que le mot « croissant » en face partie. Cela m’a permis pendant moult années de m’imaginer déguster la viennoiserie avec un peu de confiture de framboise alors que mes pauvres parents, eux, déprimaient devant les chiffres alarmants du journal de 20h.

Cette brillante esquive mentale ne fonctionne plus. Lorsque j’entends l’un de ces sept mots aujourd’hui, je m’insurge. Non pas que ces concepts économiques soient totalement inintéressants, ils sont seulement vraiment redondants et insuffisants pour déterminer l’état d’un pays.

Dans ce monde en perpétuel changement et à l’heure où des gens enlèvent des pavés Place de la République pour y mettre des fleurs, je pense que c’est une insulte à l’intelligence humaine de parler de l’état de la France uniquement au travers de son économie.

Le modèle des dirigeants qui est aussi celui de mes parents – accumulation de richesses, accès à la propriété, éducation, CDI – est suranné. La jeunesse ne rêve plus au travail. Elle ne recherche plus le confort et la sécurité. Elle n’est plus prête à échanger son temps contre de l’argent. Elle veut du sens.

Il y a une chose que vous ne pouviez pas prévoir chers aïeuls : c’est que votre modèle de vie détruirait la planète. Comment embrasser un système qui, à long terme, tuera nos enfants ?

Donc non, je ne veux pas participer à la consommation. Oui, je pense qu’on devrait effacer les dettes comme on l’a fait dans moult pays du monde. Non, je ne travaillerai pas jusqu’à 70 ans. Oui, je veux travailler. Et oui, je veux créer un pays toujours plus beau, solidaire et heureux.

Je vous demande donc cordialement, dirigeants des médias dominants, présentateur TV, politiciens, journalistes, etc. d’arrêter d’utiliser ces termes pendant quelques temps. Vous vous rendrez compte qu’il est possible de parler des changements qui s’opèrent dans notre pays avec un tout autre vocabulaire : « coopération », « bonnes nouvelles », « découvertes », « plateformes d’échanges », etc.

Si c’est l’éviction du terme « PIB » qui vous embête, détendez-vous. Le bénévolat, le travail non salarié, l’échange et le don créent de la richesse. Des études nous donneront raison bientôt.

Pour vous permettre une meilleure intégration dans le monde de demain, je vous invite dès à présent à intégrer que notre génération cherchera ardument à sortir du monde que vous avez créé. Nous serons la génération des solutions. Et nous risquons de commencer par faire un travail de fond sur les systèmes politique et économique que vous nous avez laissés.

le bon zebre robert

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